AP-HP : Pas touche à nos RTT !

Écrit par le Groupe de Rédaction le .

Ancien Président d'Emmaüs, ancien ministre de SARKOZY et actuel directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin HIRSH veut imposer une réorganisation du temps de travail en réduisant le temps de travail, ce qui aurait comme conséquence de passer de 20 jours de RTT à 15. La réponse ne s'est pas fait attendre, les organisations syndicales appelaient à une série de jours de grève, largement suivis par le personnel.

  

APHP 18 05 2015

   

APHP 21 05 2015 APHP 22 05 2015

  

APHP 11 06 2015 APHP 18 06 2015

  

ensemble 09 2015

  

Grand Soir 3 : RTT à l'AP-HP (France 3 | 22-05-2015)
Frédéric Valletoux (président FHF) et Christophe Prudhomme (CGT santé)
HD

  

 

Des méthodes de patron-voyou

Il a commencé par faire une tournée des 38 hôpitaux du groupe pour leur expliquer la démarche qu'il comptait suivre pour mettre son plan pour « assainir les finances »de l'AP-HP. Toutefois il a réservé les arcanes de son plan aux médias sans que les organisations des salariés en soient prévenues. C'est à ce moment que les salariés de l'AP-HP apprennent que leur patron compte économiser 20 à 25 millions d'euros par an et « sauver 4000 emplois sur cinq ans » en réorganisant les horaires de travail. Ne nous y trompons pas, l'attaque de Martin HIRSH contre les salariés s'inscrit totalement dans le « Pacte de responsabilité » du gouvernement HOLLANDE-VALLS. Le gouvernement veut économiser 10 milliards d'euros dans la santé, dont 3 dans les hôpitaux publics. C'est une bataille centrale pour le secteur de la santé, c'est en finalité la survie de l'hôpital public qui est en jeu. Ce qui gêne le gouvernement c'est la méthode Hirsh qui laisse de côté le temps de négociation . Marisol TOURAINE déclare au Monde que « Martin HIRSH a peut-être voulu aller un peu trop vite ».

 

« Une attitude très humiliante pour le personnel »

Dans l'entourage du ministre de la santé, on considère que le directeur général de l'AP-HP « a fait une erreur en s'exprimant dans la presse avant de s'exprimer devant les organisations syndicales », Rappelons que l'accord RTT de 2002 n'avait été signé que par la seule CFDT. Même à l'Élysée qui pourtant soutient la réforme, l'on considère que l'entretien fait au journal Les Échos le 20 mars 2015 est « une erreur tactique » . Le député Bernard DEBRÉ qui a exercé plus de quarante ans à l'AP-HP juge que la façon dont Martin HIRSH a abordé le problème est « très humiliante pour le personnel » . « Il a dit aux gens qu'ils allaient travailler six minutes de moins. J'ai été chef de service, vous imaginez que les infirmières travaillent ainsi, qu'elles sont à dix minutes près ? On peut être courageux sans être technocrate ni prétentieux » . Le bon petit soldat HIRSH croyant répondre de façon adéquate au gouvernement a réussi à mettre dans la rue des milliers de salariés au grand regret de HOLLANDE et VALLS.

Francis Charpentier

 

« Maintien de 4 000 emplois contre nos RTT...
Pas question : ce n'est ni amendable, ni négociable ! »

La ministre de la santé annonce un plan d'économie pour 2015, lié au pacte de responsabilité de plus de 3 milliards dont 825 millions pour l'hôpital, soit 22 000 postes à supprimer. Le directeur général actionne un levier supplémentaire pour répondre au plan d'économie APHP exigé, soit 25 millions d'euros sur les 150 millions pour 2015.

Martin HIRSCH impose un chantage aux agents : « Pour ne pas perdre 4000 emplois à l'AP-HP, il faut remettre en cause les protocoles 35h et supprimer des RTT »

Dans la boite à outils du Directeur Général, une méthode bien connue du monde du travail, notamment dans les usines, le « chantage » et la « culpabilisation » sont utilisés pour demander des efforts supplémentaires aux agents (augmentation du temps de travail , perte de salaires etc..) pour soit disant « sauver » les emplois ou l'entreprise.

Dans le privé, comme dans le public les efforts et sacrifices qui sont demandés sans cesse n'ont pas empêché les fermetures d'entreprises ou de licencier en masse. Le seul but est d'augmenter la productivité, la rentabilité, la flexibilité des agents.

 

Nouvelle mobilisation d’ampleur à l’AP-HP

La grève du 21 mai a été suivie par près de 6000 agents de l'APHP.

Malgré l'importance du mouvement, M. HIRSCH reste sourd aux revendications de son personnel et maintient sa feuille de route.
En clair, il s'agit d'adapter les horaires des personnels aux pics d'activité dans les services et de mettre en place des horaires variables. Il veut généraliser la grande équipe et supprimer les équipes fixes.
La politique de suppression en masse de personnel hospitalier nous a conduit dans une situation extrême, dont tous les agents font les frais quotidiennement : les sous-effectifs s'accroissent de jour en jour, rendant toujours plus notre travail difficile.
Et voilà que maintenant, pour remédier à sa politique de destruction du service public hospitalier, il ne trouve rien de mieux que de nous supprimer des jours de repos !
En 2002, la mise en place des 35h aurait dû être accompagnée de créations d'emploi : ils ont fait l'inverse, et les plans stratégiques successifs ont entraîné la suppression de plus de 15000 emplois à l'APHP en une décennie. De plus, la mise en place des 35h en 2002 s'accompagnait du blocage de nos salaires sous prétexte que l'on travaillait moins !
A l'heure actuelle, on nous supprime les RTT sans augmentation de salaire !

 

Hirsch persiste et signe

malgré l'importante mobilisation des agents les 21 et 28 mai, Hirsch maintient son projet de nous voler 5 RTT !

La colère des agents grandit devant son intransigeance. Sous couvert de sa volonté d'ouverture dans le cadre du dialogue social, Hirsch continue à vouloir négocier le temps de travail en réduisant la présence quotidienne du travail de 10 minutes. De qui se moque-t-il ?

 

PROJET HIRSCH...

Hirsch ne recule pas : malgré un nouveau document de travail, rien ne change dans sa détermination à nous voler 5 RTT, soit une semaine de repos  !
Seule une mobilisation massive pourra le faire reculer. Les négociations doivent être closes le 26 juin : le 11 juin est donc le dernier round pour se faire entendre avant les vacances. On connaît leurs méthodes : Hirsch passera son projet, en force, quand la majorité des agents de l'APHP seront en congés.

 

CE QUE DIT LE DOCUMENT D'ORIENTATION SUR LES NOUVELLES ORGANISATIONS DU TEMPS DE TRAVAIL

Pour établir son projet, Martin HIRSCH s'est appuyé sur une enquête de la Fédération Hospitalière de France (FHF) qui indique que 32% des établissements en France ont renégocié les accords RTT, avec un temps de référence de 37h30, ce qui donne 14 RTT.
Non seulement les RTT sont remises en cause, mais aussi les conditions de modification des horaires (voir encadré).
Le but final de Hirsch est donc de mettre tout le personnel en grande équipe.
Dans cette enquête de la FHF figure aussi la remise en cause du temps de repas (pause méridienne). Certains établissements ont accepté de négocier sur ce point. Or, la pause méridienne est un droit stipulé dans le Code du Travail : les salariés doivent disposer d'une demi-heure de repas qui est comptée comme du temps de travail, donc payée. Il est par conséquent aberrant que des partenaires sociaux aient accepté de « négocier » à ce sujet. Il n'y a rien à négocier, la pause méridienne est un droit garanti par le Code du Travail.
Hirsch s'appuie aussi sur d'autres administrations où les agents sont passés à 14 RTT (CPAM, Ville de Paris...).

HIRSCH préconise et impose de « privilégier le dialogue social » : mais en réalité il fait comme tous les patrons, surtout lorsqu'ils prétendent faire du social (c'est là qu'il faut se méfier particulièrement  !), il ne veut négocier que sur ses revendications à lui, qui ne visent qu'à nous priver toujours plus de nos acquis.
La CGT Cochin lui fait la même réponse que l'ancien Secrétaire Général de la CGT : « La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! » (Henri KRASUKI)

 

LES AGENTS DE GYNECO COCHIN RENVOIENT HIRSCH DANS LES CHOUX

HIRSCH, pendant l'été , persiste à soutenir son projet de suppression de protocole RTT en organisant des pseudos réunions autour du thème "réorganisation du temps de travail".
Il a essayé de procéder ainsi en mater-gyneco à COCHIN le mardi 21 juillet 2015 à 12h00.

Des le début de cette réunion, Marise DANTIN de la CGT COCHIN a remis au directeur une pétition du personnel refusant toute négociation sur la remise en cause du protocole de réduction de temps de travail.
La quasi totalité du personnel présent, à la demande de la secrétaire générale de la CGT COCHIN, a quitté la salle , malgré le chantage au logement et à l'embauche de notre directeur général.
Seuls sont restés les délégués SUD et CFDT et 2 membres du personnel, contre l'avis de la grande majorité du personnel concerné.

La stratégie de HIRSCH de se prévaloir de ce contact avec les personnels pour justifier sa volonté de supprimer des RTT ne peut être combattu que par le refus de participer à ces simulacres de concertation.

La CGT COCHIN , depuis toujours lutte avec et pour le personnel, et refuse de négocier un projet dans le dos des collègues ! C'est pour cela que la CGT COCHIN ne suit pas d'autres organisations syndicales dans une intersyndicale.
Pour la CGT COCHIN, il est hors de question d'accepter des discussions qui remettent en cause nos acquis et aggravent les conditions de travail des agents.

Notre force, à la CGT de l'APHP, réside dans un refus massif ,sans concession , qui a déjà fait reculer HIRSCH en juin !

 

LA MINISTRE DE LA FONCTION PUBLIQUE REPREND LE FLAMBEAU

M LEBRANCHU a missionné un énarque sur « l'évaluation du temps de travail » dans la Fonction Publique.

Après l'échec de HIRSCH à l'APHP, c'est le gouvernement qui veut, à son tour, réformer le temps de travail et mettre à la poubelle le protocole des 35 heures de 2002.

La ministre affirme ne pas vouloir remettre en cause le temps de travail annuel de 1607 heures (35 heures par semaine).
En revanche, elle veut remettre en cause toutes les organisations prévues actuellement sur le temps de présence journalier des agents, et donc le nombre de RTT dont ils disposent.
Faute de ne pouvoir imposer ces réformes à l'APHP, sous couvert de dialogue social (dialogue qui ne fonctionne que dans un sens : la direction impose, les agents subissent), il y a eu un changement de stratégie. En effet, la CGT n'est pas tombée dans le piège tendu par la direction générale de l'APHP, en refusant tout recul sur le temps de travail et la perte des RTT.

Le gouvernement veut maintenant passer par le biais parlementaire et législatif pour contourner l'opposition des agents de l'APHP.
La voie parlementaire permet au gouvernement d'aller encore plus loin dans la Fonction Publique hospitalière en augmentant le temps de présence au travail pour tous les agents, c'est-à-dire 9, 10, ou 12 heures journalières. Cela supprimera le système de récupération des RTT, en le remplaçant par un système de RR moins favorable aux agents.
L'énarque missionné rendra les résultats de son « travail » en janvier 2016.

 

 

par la CGT Cochin

www.cgtcochin.fr

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