Les cinq d'ERDF... et des milliers d'autres !

Écrit par le Groupe de Rédaction le .

Le jour même de l'audience des « cinq d'ERDF », la CGT appelle à une grande manifestation nationale pour défendre les libertés d'expression et d'actions syndicales. À Paris, rendez-vous ce mercredi 23 septembre, à partir de 11 h 30, place de la République.

« Syndicalistes... pas voyous ! », les militants de la CGT ne cessent de le répéter (voir notre dossier dans la NVO de juin 2015), mais ne semblent pas être entendus. Pour le rappeler, une fois encore, une grande manifestation nationale pour exiger « le respect des libertés d'expression et d'actions syndicales » est organisée le 23 septembre prochain.

Diverses manifestations seront organisées à travers le pays. À Paris, le rendez-vous est donné à partir de 11 h 30, place de la République — « symbole des libertés », comme le rappelle la CGT dans un communiqué. Le rassemblement sera suivi d'une marche vers le tribunal correctionnel de Paris.

C'est là que se tiendra, le jour même, une audience dans le cadre d'une procédure concernant cinq syndicalistes CGT. Ce qui leur est reproché ? « L'entrave à la liberté du travail », ainsi qu'une « dégradation et destruction de bien d'autrui » au cours d'une manifestation de soutien à Nacima, mère célibataire, menacée de perdre son emploi contractuel au sein d'ERDF, en février 2008. Ils risquent chacun jusqu'à trois ans d'emprisonnement, 45 000 euros d'amende et la déchéance de leurs droits civiques.

 

UN DROIT CONSTITUTIONNEL

Cette manifestation n'est pas une fin en soi, elle marque le lancement d'une campagne de sensibilisation sur le sujet.

« Évidemment, les cinq d'ERDF, c'est important, mais il y en a des milliers d'autres », explique Jean-Pierre Gabriel, responsable du pôle confédéral DLAJ. Celui-ci a d'ailleurs commencé, au début de l'été, un travail de recensement des atteintes à la liberté syndicale. De retour de vacances, il croule sous les témoignages. Remise en cause de l'hébergement syndical par les collectivités locales, atteintes à la liberté d'expression de représentants syndicaux, attaques au pénal, pénalisation dans la carrière, la discrimination peut prendre de multiples visages.

Loin de lui, cependant, l'idée de céder à la peur. Jean-Pierre Gabriel tient à rappeler qu'il y a, certes, un certain nombre de dossiers sur lesquels des syndicalistes ont été attaqués, « mais sur lesquels on gagne ». Les droits syndicaux sont des droits protégés par la constitution, et font partie des libertés individuelles. Chaque victoire au tribunal est appelée à faire jurisprudence, pour que « nos copains qui sont dans la même situation puissent s'en servir ».

Pour mettre un terme à cette répression, la CGT demande notamment à la ministre de la Justice que soit adoptée une loi d'amnistie « pour tous les militants syndicalistes et associatifs », la modification du code pénal afin d'assurer la protection des militants agissant « dans le cadre d'actions collectives », la fin des prélèvements ADN et la pérennisation des locaux syndicaux mis à disposition par les collectivités locales « à titre gracieux ».

 

DIFFÉRENTS VISAGES DE LA DISCRIMINATION SYNDICALE

2009 – Ikéa utilise les fichiers STIC de la police pour espionner les représentants syndicaux.
Mars 2010 – Orpéa-Clinéa emploie des acteurs pour espionner les salariés.
Août 2010 – Distribution de tracts sur un péage de Villefranche-sur-Saône, les militants sont poursuivis pour organisation de manifestation sur la voie publique sans déclaration préalable.
Septembre 2010 – Les « cinq de Roanne » sont poursuivis pour avoir tagué la préfecture au cours d'une manifestation contre la réforme des retraites. Ils refuseront ensuite un prélèvement ADN.
Octobre 2010 – Un militant CGT est poursuivi pour avoir jeté un œuf sur des CRS.
Novembre 2010 – Des cheminots de Moulins (03) sont condamnés pour outrage à agent pour avoir dit à une policière en civil « casse-toi » et « dégage ».
2011 – Les « 7 de Moretti » sont accusés de diffamation suite à la publication d'un tract dénonçant le caractère raciste d'un licenciement.
Décembre 2012 – Mise à pied d'un élu CGT dans une usine Haribo pour vol de bonbons.
Janvier 2013 – Une inspectrice du travail est accusée de recel et violation du secret professionnel après avoir découvert des irrégularités dans l'accord 35 heures d'une entreprise.
Septembre 2012 – Les « quatre du Havre » sont poursuivis pour dégradation, vol et recel, après avoir déboulonné la plaque de la permanence d'une élue PS.
Septembre 2014 – Une militante CGT est poursuivie pour injure lors d'une manifestation de soutien à une salariée menacé de licenciement.
Fin 2014 – Une syndicaliste CGT dénonce des conditions de travail « moyenâgeuses » dans une entreprise. Elle est poursuivie pour diffamation.

 

 

par la NVO

www.nvo.fr

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